🧐Comparaison des Réserves et de la Production
Réserves prouvées (fin 2025)
Vénézuéla : 303 milliards de barils (1er)
Arabie Saoudite : 267 milliards de barils (2e)
Iran : 208 milliards de barils (3e)
Le Canada, l'Irak, les EAU et le Koweït possèdent également des réserves très importantes.
Production quotidienne (moyenne 2025, approx.) :
USA : 20-22 millions de barils/jour (leader)
Arabie Saoudite : 10-11 millions
Russie : 10 millions
Iran : 4-5 millions (malgré les sanctions, elle varie entre 3,9-5,1 millions en 2025)
Total du Golfe (Arabie Saoudite + EAU + Koweït + Irak) : environ 25-30 millions
Amérique latine : Brésil ~3,7-4 millions, Vénézuéla, malgré ses réserves, seulement 0,7-1 million (en raison des infrastructures + sanctions).
🧐Les pays du Golfe et certains pays d'Amérique latine ont en réalité des capacités beaucoup plus importantes. L'Iran à lui seul représente 4-5% de la production mondiale.
Alors pourquoi ce sentiment que « si le pétrole iranien s'épuise, le monde s'effondrera » ? 🤔
La vraie raison est que le détroit d'Ormuz est le goulot d'étranglement le plus critique du monde.
20-25% du commerce mondial du pétrole (approximativement 20-21 millions de barils/jour) passe par le détroit d'Ormuz. Ce détroit :
Est situé sur la côte méridionale de l'Iran.
Transporte presque toutes les exportations de pétrole de l'Arabie Saoudite, des EAU, du Koweït, de l'Irak et du Qatar.
Ce n'est pas seulement le propre pétrole de l'Iran ; l'itinéraire de tous les principaux producteurs du Golfe passe par ici.
Si l'Iran dit « je vais fermer le détroit » ou pose des mines/attaque des navires (ce qu'il fait actuellement), non seulement les 4-5 millions de barils de l'Iran sont en risque, mais aussi les 20+ millions de barils du Golfe. Il n'existe pas de routes alternatives, ou elles sont très insuffisantes (même l'oléoduc Est-Ouest de l'Arabie Saoudite ne couvre pas 20%). Le détroit d'Ormuz n'est pas seulement pour « le pétrole iranien » ; c'est la porte d'accès pour 20% de tout le pétrole et du GNL du Golfe. L'Iran a le pouvoir d'agir comme une « valve énergétique mondiale ». C'est précisément pourquoi il y a panique.
Suite aux opérations américano-israéliennes en cours depuis février 2026, l'Iran a annoncé qu'il « fermerait » le détroit d'Ormuz le 4 mars 2026, et attaque des navires. Les prix du pétrole ont monté en flèche.
Le marché ne dit pas « le propre pétrole de l'Iran s'épuisera » ; il réagit avec « tout le pétrole du Golfe sera bloqué ». Les pays du Golfe (Arabie Saoudite, EAU, etc.) sont stables car ce sont des alliés ; l'Iran, en revanche, se trouve du côté du conflit. L'Amérique latine (Vénézuéla, Brésil) est indépendante de ce détroit, donc l'augmentation des prix les affecte, mais ne crée pas un « blocage des ressources ».
L'Iran est déjà sous sanctions américaines/européennes depuis des années, vendant son pétrole à la Chine à prix réduit (via une flotte fantôme) (~1,5 million de barils/jour). La perte soudaine ne peut pas être compensée à court terme. Le programme nucléaire iranien, les forces par procuration comme le Hezbollah et les Houthis, et les tensions avec Israël sont tous des facteurs contributifs. Les États du Golfe sont proches de l'Occident ; l'Iran est catégorisé comme un « ennemi ». Le marché applique cette prime de risque.
Le marché à terme du pétrole est gonflé par la peur. La même chose s'est produite dans l'histoire (attaques de pétroliers 2019, tensions 2022). « Quel type de manœuvre se cache derrière les coulisses ? »
En réalité, ce n'est pas une « manipulation » classique (conspiration), mais plutôt une géopolitique énergétique et des intérêts de sécurité :
Les États-Unis et ses alliés (y compris Israël) ne veulent pas que l'Iran établisse une hégémonie dans le Golfe. Contrôler le détroit d'Ormuz signifie influencer les prix mondiaux du pétrole. Les États du Golfe (Arabie Saoudite, EAU) concluent des accords militaires avec les États-Unis et sont intégrés dans le système du pétrodollar. L'Iran, en revanche, adopte une position indépendante/anti-occidentale. Le Vénézuéla en Amérique latine est également sous sanctions, mais sa géographie est lointaine, et il n'existe aucun risque pour le détroit. La localisation et le risque sont plus décisifs que la quantité. L'Iran seul n'est pas important, mais il « tient la clé ». Dans le conflit actuel, la fermeture du détroit d'Ormuz affecte tous les pays du Golfe.