40000 points franchissent-ils un nouveau sommet ? La carte de l'investissement en actions japonaises en 2025 et les 7 actions à ne pas manquer

Le Nikkei 225 a franchi la barre des 40 000 points pour atteindre 40 487 points le 30 juin 2025, créant un nouveau sommet en près d’un an. La logique derrière cette reprise mérite une analyse approfondie : une réévaluation de la valeur des entreprises japonaises, combinée à une dynamique de ses avantages structurels. Lorsque, en avril, la panique tarifaire mondiale a provoqué une chute brutale, le PER du Nikkei est brièvement tombé à 12 fois, ce qui le rendait plus attractif que les principaux marchés internationaux. Avec la correction des anticipations pessimistes, le PER a progressivement rebondi à environ 13 fois, attirant de nouveau des capitaux internationaux pour réallouer leurs actifs. La réforme de la gouvernance d’entreprise à la Bourse de Tokyo a également joué un rôle, avec un nombre croissant d’entreprises augmentant leurs dividendes et mettant en œuvre des rachats d’actions.

Logique d’investissement sur le marché japonais : la tendance peut-elle se poursuivre ?

Les trois facteurs clés soutenant cette hausse sont : la révision de l’évaluation, l’afflux de capitaux, l’amélioration des fondamentaux. Les capitaux étrangers réallouent leurs investissements dans un contexte de « désengagement » des actions américaines, et le marché japonais, avec ses valorisations relativement basses, devient une destination privilégiée. La reprise de la chaîne mondiale de l’industrie technologique stimule la performance des actions semi-conducteurs et d’équipements de précision japonais, renforçant la confiance du marché.

Il est important de noter que Warren Buffett, le « sage » de l’investissement, a commencé à s’intéresser aux cinq grandes sociétés commerciales japonaises (Mitsubishi Corporation, Mitsui & Co., Itochu, Sumitomo Corporation, Marubeni) dès 2019, et en juin dernier, il a accru ses positions. Lors de l’assemblée générale de Berkshire Hathaway, Buffett a déclaré publiquement que ces sociétés « ne seront pas vendues pendant 50 ans », une déclaration de patience qui constitue la meilleure preuve de la confiance du marché.

Cependant, la poursuite de cette tendance dépend de deux variables majeures : la direction de la politique monétaire de la Banque du Japon et l’évolution de la tolérance au risque des investisseurs mondiaux. Si la BoJ relance la hausse des taux, la valorisation des actions financières pourrait rebondir ; en revanche, si l’économie mondiale continue de ralentir, la dynamique de rebond du marché japonais pourrait être limitée.

Comment acheter des actions japonaises ? Aperçu des trois principales voies d’investissement

Investir directement dans l’indice

Pour les investisseurs recherchant une rentabilité certaine, l’investissement direct dans le Nikkei 225 est la méthode la plus simple. Cet indice regroupe les 225 entreprises cotées les plus performantes du marché japonais. La hausse globale du marché japonais profite à ceux qui investissent dans cet indice. Au premier semestre, le Nikkei 225 a d’abord chuté à 31 136 points, son point le plus bas de l’année, dans la panique tarifaire mondiale, puis a rebondi fortement grâce à la correction des valorisations et à l’amélioration des fondamentaux. Bien qu’il soit difficile de prévoir si cette reprise se poursuivra, le marché japonais a au moins quitté un état de prudence excessive, ce qui en fait une option à considérer dans une allocation d’actifs.

Investir via les instruments américains

Des entreprises japonaises renommées telles que Toyota ™, SoftBank (SFTBY), Sumitomo Mitsui (SMFG), Nintendo (NTDOY) émettent des certificats de dépôt américains (ADR), accessibles simplement avec un compte aux États-Unis. La tendance de ces ADR est généralement alignée avec celle des actions japonaises locales.

Trading via les courtiers taïwanais

Yuan Ta Securities et Fubon Securities proposent des services de trading par procuration, mais le processus est plus complexe, avec des limites sur le volume d’achat et des frais plus élevés. Il est conseillé de contacter directement le service client pour connaître les modalités précises.

Sept actions japonaises sélectionnées : des champions discrets aux géants du jeu

Champion discret dans l’automatisation industrielle : Keyence (6861.JP)

Keyence est un leader mondial dans l’automatisation industrielle, fondé en 1974 par Takeshi Takizaki à Osaka. Il prône une philosophie « orientée conception » et se concentre sur le développement de capteurs à haute valeur ajoutée, de systèmes visuels et d’équipements de marquage laser. Bien qu’il ne produise pas directement, il distribue ses produits via un réseau mondial dans 46 pays.

Ses applications couvrent trois grands domaines : l’automatisation industrielle (capteurs, lecteurs de codes-barres), la mesure de précision (microscopes numériques) et le contrôle de processus (équipements de traitement laser). Présent dans la fabrication de semi-conducteurs, l’automobile, la biotechnologie, il est un composant essentiel des usines intelligentes.

Pour l’exercice fiscal 2024, le chiffre d’affaires s’élève à 1,059 billion de yens, avec un bénéfice opérationnel de 549,78 milliards de yens et un résultat net de 398,66 milliards de yens. Selon les analystes de Wall Street, la valeur cible moyenne sur 12 mois est de 74 282,41 yens, avec un maximum à 80 075,16 yens, soit une potentielle hausse de 30% par rapport au prix actuel de 56 800 yens.

Leader dans les équipements semi-conducteurs : Tokyo Electron (8035.JP)

Tokyo Electron a une capitalisation boursière de 12,6 trillions de yens, ce qui en fait un fournisseur clé dans la chaîne mondiale des semi-conducteurs, fournissant des systèmes de nettoyage de wafers, des équipements de dépôt de couches minces à des géants comme Samsung, TSMC, Intel. Pour l’exercice fiscal 2024, le chiffre d’affaires consolidé est de 2,43 trillions de yens, en croissance de 32,8% sur un an. Les ventes à l’étranger ont augmenté de 36,2% pour atteindre 2,24 trillions de yens, représentant 92,2% du total.

La maîtrise des coûts est remarquable : la marge brute a augmenté de 38,1%, atteignant 1,15 trillion de yens, avec une marge brute passant à 47,1%. Le bénéfice opérationnel a bondi de 52,8% à 697,32 milliards de yens, avec une marge opérationnelle de 28,7%. Le résultat net après impôts a crû de 49,5% pour atteindre 544,13 milliards de yens, avec un bénéfice par action passant de 783,8 yens à 1 182,4 yens.

Les analystes de Jefferies maintiennent une recommandation d’achat, avec un objectif de 32 000 yens, montrant une confiance favorable pour la suite.

Géant de la défense centenaire : Mitsubishi Heavy Industries (7011.JP)

Mitsubishi Heavy Industries, fondée en 1884 à partir du chantier naval Mitsubishi, a été un acteur clé de l’industrialisation japonaise. Aujourd’hui, elle est un conglomérat couvrant l’aérospatial, l’énergie, la mécanique industrielle, représentant le summum de la technologie manufacturière japonaise.

Les perspectives sont optimistes : pour 2025-26, le bénéfice opérationnel est estimé à 420 milliards de yens, en hausse de 9,6%, basé sur un résultat de 383,2 milliards de yens pour 2024-25, en croissance annuelle de 35,6%. Les activités aéronautiques et de défense devraient voir leur bénéfice augmenter de 40%, constituant la principal moteur de croissance ; le secteur des systèmes énergétiques devrait également enregistrer une croissance de 17%.

Les analystes de Wall Street fixent en moyenne un objectif de 3 743,76 yens sur 12 mois, avec un maximum à 4 100 yens, contre un prix actuel de 3 185 yens, soit une potentielle hausse de 17,54%.

Nouvelle opportunité dans l’industrie du jeu vidéo : Nintendo (7974.JP)

Nintendo a réalisé un chiffre d’affaires de 1,16 trillion de yens en 2024, en baisse de 30,3% ; le bénéfice opérationnel s’établit à 282,5 milliards de yens, en baisse de 46,6%, et le résultat net à 278,8 milliards de yens, en baisse de 43,2%. La dégradation est principalement due à la fin du cycle de vie de la console Switch, avec l’annonce de la Nintendo Switch 2 qui freine davantage les achats. La contribution des Amériques représente 44,2% du chiffre d’affaires, l’Europe 24,5%, le Japon 23,6%, et le reste du monde 7,7%.

Malgré ces chiffres à court terme décevants, les analystes estiment que le secteur du jeu vidéo retrouve une valeur d’investissement. Doug Creutz, analyste chez TD Cowen, souligne que la croissance de l’industrie du jeu dépasse continuellement celle du PIB mondial, grâce à l’expansion du nombre de joueurs et à la diversification des modes de monétisation (abonnements, objets virtuels, mises à jour saisonnières). La moyenne des 12 mois des objectifs de prix de 11 analystes est de 14 035,27 yens, avec un maximum à 20 780 yens.

Acteur clé dans l’écosystème du contenu : Sony Group (6758.JP)

Sony a publié un bénéfice net de 197,7 milliards de yens au dernier trimestre, en hausse de 4,6% par rapport à l’année précédente, mais les prévisions pour la nouvelle année fiscale indiquent une baisse de 13%, principalement en raison des politiques tarifaires américaines. La division musique et cinéma est devenue le principal moteur de profit, grâce notamment aux investissements dans le studio de jeux Bungie et la plateforme d’animation Crunchyroll.

Les ventes de matériel sont sous pression : les prévisions de ventes de PS5 ont été revues à la baisse, passant de 1,85 million à 1,5 million d’unités. La politique tarifaire américaine pourrait réduire le bénéfice opérationnel de 100 milliards de yens. La direction a indiqué avoir pris des mesures pour diversifier la production et ajuster la stratégie de prix. La société adopte une stratégie « soft + hard » en maintenant ses activités matérielles tout en accélérant la transformation vers les services de contenu.

Les analystes de Wall Street fixent en moyenne un objectif de 4 389,49 yens sur 12 mois, avec un maximum à 4 910 yens, contre un prix actuel de 3 607 yens, soit une potentielle hausse de 21,69%.

La société commerciale japonaise favorite de Buffett : Mitsubishi Corporation (8058.JP)

Mitsubishi Corporation est l’une des cinq grandes sociétés commerciales japonaises, et la cible d’investissement favorite de Berkshire Hathaway. Fin juin 2025, Berkshire a augmenté sa participation dans ces sociétés de 1,0% à 1,7%, portant sa détention totale à entre 8,5% et 9,8%. Buffett apprécie ces sociétés pour leur gestion efficace du capital, leur excellence managériale et leur orientation vers les intérêts des actionnaires.

Pour l’exercice fiscal 2025, Mitsubishi prévoit un chiffre d’affaires de 18,6 trillions de yens (en baisse de 4,9%), mais un résultat avant impôts en croissance de 2,3% à 1,4 trillion de yens, avec un bénéfice net attribuable à la société mère de 950,7 milliards de yens. La résilience de ces conglomérats japonais témoigne de leur capacité à faire face aux défis.

Il est conseillé aux investisseurs d’attendre un recul du prix pour entrer à un prix raisonnable, car la valeur à long terme reste attractive.

Entreprise modèle de transformation : Hitachi (6501.JP)

Hitachi, fondée il y a 111 ans, a investi 9,6 milliards de dollars pour acquérir la société américaine de services numériques GlobalLogic, dans une démarche de transformation vers un fournisseur de services logiciels. Son PDG, Toshiaki Higashihara, qualifie cette étape de « transformation majeure pour toute l’entreprise ».

Créée en 1910, Hitachi est connue pour ses acquisitions agressives, mais elle a récemment quitté la majorité de ses marchés de l’électronique grand public, vendant ses activités à croissance stagnante. La stratégie actuelle est claire : conserver les activités de transport ferroviaire, de pièces automobiles et autres machines lourdes, tout en se concentrant sur la numérisation industrielle. Un professeur de l’Université de Californie à San Diego souligne que la restructuration fréquente de ses actifs a créé un « impact Hitachi », et que sa transition d’un fabricant électrique vers un fournisseur de solutions d’infrastructure numérique est un exemple de transformation d’entreprise.

Les atouts de Hitachi résident dans sa stratégie claire de transformation, sa forte capacité d’exécution, et la reconnaissance du marché de ses résultats récents.

Perspectives à long terme : quand le tournant clé arrivera-t-il ?

À court terme, la tendance du marché japonais dépend principalement de la politique commerciale. Bien que la réduction des droits de douane puisse entraîner une reprise, le ralentissement de l’économie mondiale et la faiblesse des exportations japonaises limitent la progression du Nikkei, qui oscille probablement entre 37 000 et 38 000 points. Les flux de capitaux étrangers actuels sont principalement liés à l’arbitrage de valorisation, et la durée de cette vague de capitaux est incertaine.

Sur le moyen/long terme, à partir de 2026, un changement de politique monétaire de la BoJ pourrait devenir déterminant. Si la BoJ relance la hausse des taux, la valorisation des actions financières pourrait rebondir, et la normalisation du taux de change du yen améliorerait la rentabilité des entreprises. La clé reste la synchronisation entre la remontée des taux par la BoJ et la conjoncture économique mondiale.

Pour que le Nikkei dépasse à nouveau 40 000 points et continue sa progression, plusieurs facteurs doivent se conjuguer : une réforme de la gouvernance d’entreprise permettant une amélioration continue du ROE, la montée en puissance de nouvelles industries, une amélioration concrète des relations commerciales entre le Japon et les États-Unis, etc. Ces conditions ne sont pas encore toutes réunies, et il est conseillé aux investisseurs de rester prudents et d’observer avec rationalité.

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