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Le rapport sur l'inflation de février aux États-Unis offre un léger répit au marché, mais la décision de la Fed sur les taux d'intérêt la semaine prochaine pourrait inverser la situation
Bien que les dernières données publiées par le CPI américain montrent un ralentissement de l’inflation en février, offrant ainsi un répit au marché, ce rapport ne reflète que la “photo du passé” de l’économie. La véritable épreuve pour la Réserve fédérale réside dans un environnement macroéconomique plus complexe et actuel. Réactions en chaîne économiques suscitées par les données CPI de février et dilemme de la Fed Les données CPI de février donnent initialement une impression rassurante. L’IPC mensuel a augmenté de 0,3 %, et l’IPC annuel de 2,4 % ; tandis que l’IPC de base a augmenté de 0,2 % en mensuel et de 2,5 % en annuel. D’après ces chiffres, la pression inflationniste semble maîtrisée, notamment avec la baisse continue des coûts du logement, qui en est une évidence.
Sur la base de ces résultats, la première réaction du marché a été de penser que ce rapport n’avait pas ravivé la peur de l’inflation, voire qu’il maintenait l’espoir d’une baisse des taux. En effet, des données d’inflation modérée renforcent souvent les attentes d’une politique monétaire plus accommodante. Cependant, après la publication du rapport du 11 mars, le marché du travail est resté faible, les chiffres de l’emploi non agricole de l’année précédente ont été révisés à la baisse, et le conflit en Iran a poussé les prix du pétrole à des niveaux historiques. Ces séries d’événements ont placé la Fed face à une situation complexe lors de sa réunion du 17-18 mars, où elle doit jongler entre des données d’inflation modérée, une croissance économique dégradée et un contexte énergétique tendu. Le marché du travail a déjà brisé l’attente d’une “atterrissage en douceur” Plus précisément, le rapport sur l’emploi de février indique qu’après avoir créé 126 000 emplois en janvier, le nombre d’emplois non agricoles a en fait diminué de 92 000 en février, avec un taux de chômage passant de 4,3 % à 4,4 %.
La modération de l’IPC combinée à la perte d’emplois immédiate complexifie davantage la trajectoire de l’inflation, car il ne s’agit pas d’une “désinflation” souhaitée par le marché, mais d’un refroidissement de la demande de manière inappropriée. Plus important encore, la correction des données de référence par le Bureau of Labor Statistics (BLS) a révélé que le nombre d’emplois non agricoles estimé en mars 2025 avait été surévalué de 862 000, et la variation annuelle totale de l’emploi non agricole a été fortement révisée de 584 000 à 181 000.
Cela signifie que le marché du travail en 2025 est en réalité beaucoup plus faible que ce que les médias avaient laissé entendre. La problématique centrale pour la Fed n’est pas un compromis entre une CPI molle et un emploi robuste, mais une situation où à la fois l’inflation et le marché du travail s’affaiblissent. Le conflit en Iran rend les données CPI “dépassées dès leur publication” Dans le contexte économique actuel complexe, le conflit au Moyen-Orient est sans doute le principal facteur de risque transformant la situation économique en une menace politique. Avec l’aggravation du conflit, les prix du pétrole ont flambé, provoquant des ventes massives sur Wall Street, une hausse des rendements obligataires, et obligeant les investisseurs à faire face à un risque accru de choc d’offre. Par ailleurs, malgré la faiblesse des données sur l’emploi, la montée du risque inflationniste liée à l’aggravation du conflit au Moyen-Orient a conduit Goldman Sachs à repousser la première baisse de taux de la Fed de juin à septembre cette année.
Bien que les données modérées du CPI confirment que l’inflation de février n’a pas accéléré, il reste difficile de déterminer si cela marque le début d’une tendance à la baisse continue ou si c’est la dernière étape avant une nouvelle poussée des prix du pétrole et une détérioration du marché du travail, ce qui constitue le défi principal pour la Fed actuellement. Même l’indicateur PCE préféré de la Fed n’a pas apporté de réponse claire : en janvier, le PCE mensuel a augmenté de 0,4 %, le PCE de base de 0,4 %, et le PCE annuel de 3,1 %, montrant qu’avant la montée des prix du pétrole, la pression inflationniste sous-jacente reste tenace. Conclusion : Globalement, bien que le CPI de février ait en partie apaisé le marché, il n’a pas permis à la Fed de définir une direction claire. La tranquillité apparente du rapport ne concerne que le mois de février ; cependant, la Fed doit prendre ses décisions en se basant sur la situation économique de mars, où le marché du travail faible et le choc pétrolier au Moyen-Orient redéfinissent la donne économique globale. Ce décalage entre des données “retardées” et des risques “immédiats” peut facilement créer une fausse impression de sécurité. C’est comme un voile illusoire qui donne l’illusion que l’économie reste stable, alors qu’en réalité, sous cette couche, se cachent de véritables risques et vulnérabilités.